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L’axe Migrations, multiculturalité et appartenances ethnoreligieuses se veut avant tout un
axe thématique fonctionnant comme un carrefour interdisciplinaire et comparatif. Ce qui
suit est une présentation provisoire destinée à évoluer avec l’approfondissement des
travaux qui se mènent en son sein, puisque celui-ci accueille également des chercheur(e)s
en anthropologie et en sciences politiques, qui effectuent des recherches sur les thèmes de
l’axe, mais au départ de problématiques, d’approches théoriques et de méthodologies
propres à leur discipline (voir le
compte rendu de la réunion de lancement de l'axe
).
Dans sa spécialisation sociologique (voir le
descriptif en version longue), l’axe se réfère à la
compréhension et développe une approche ancrée dans la sociologie de l’action. Il a pour
premier objet les occurrences de la multiculturalité et l’usage social de l’ethnicité dans les
sociétés contemporaines. L’axe se situe au croisement du changement social global, de la
mutation du tissu économique, de l’évolution de la marginalitésocioculturelle et du
redéploiement d’identités minoritaires. Le modèle sociétal dominé par l’Etat-nation est
progressivement remplacé par les inégalités, les normativités et les pouvoirs issus de la
mondialisation. Il est dès lors temps d’adapter la recherche à l’ère de la sociétéglobalisée,
où s’imposent les phénomènes migratoires et la pluralité des appartenances légitimant la
mobilisation pragmatique de référents culturels de toute nature dans le dénouement de
rapports sociaux (voir le
descriptif de la recherche de Murielle Norro
).
Les constructions identitaires et les pratiques sociales des groupes religieux d’apparition
récente et/ou d’origine étrangère constituent le deuxième centre d’intérêt sociologique de
l’axe. Selon l’hypothèse de départ, elles n’ont aucune raison d’être moins rationnelles et
pragmatiques que celles qui sont mises en oeuvre dans le monde occidental sécularisé. Il
convient de reconsidérer le rapport des acteurs croyants contemporains au monde et à leur
religion, c’est-à-dire d’éviter dans les analyses tout substantialisme des religions sur le
devenir culturel et socioéconomique des sociétés et des groupes considérés. Ce constat est
le point de départ d’un domaine d’études et de débats particulier : les usages sociaux du
religieux dans le monde contemporain sous-tendus par l’idée du recours au religieux en voie
de sécularisation plutôt qu’un retour au religieux traditionnel (voir le
descriptif de la thèse
d'Ural Manço).